La  Savoie,

une longue histoire...

Soumise par les Romains, la Savoie fait partie du Royaume des Burgondes, de l'Empire de Charlemagne, du Royaume de Bourgogne-Provence (888) puis du Saint Empire Romain Germanique (1032).

 

Au XII siècle, des batailles incessantes entre les seigneurs et la grande misère du peuple ruinent le pays, jusqu'à ce qu'une famille seigneuriale, plus puissante que les autres, impose sa volonté par la force. C'est la famille des comtes de Maurienne, dont les descendants deviennent comtes puis ducs de Savoie, rois de Sardaigne puis rois d'Italie au 19ème siècle. A partir du 13e siècle, les descendants d'Humbert aux Blanches Mains (premier comte de Maurienne vers l'an 1000) développent leur puissance à partir du Chablais, visant à reconstituer l'ancien Royaume de Bourgogne.

 

Du XIII au XVI siècle, différents personnages illustres marquent l'histoire de la Maison de Savoie : Amédée VI (1343-1383), dit "le Comte vert", qui soutient le Roi de France pendant la Guerre de Cent ans, Amédée VII (1383-1391), dit "le Comte rouge", qui parvient à réunir Nice et la Savoie, Amédée VIII (1391-1451), dit "le Duc-pape", qui est proclamé duc de Savoie en 1416. Il deviendra pape sous le nom de Félix V.

 

Avec l'avènement d’Henri IV en France et la paix de Vervins en 1598 entre la France et la Savoie, Charles Emmanuel, prince de Savoie, perd le pays de Gex, la Bresse et le Bugey et acquiert en 1601 le Marquisat de Saluces. Par ce traité, le Piémont devient la plus importante partie du Duché de Savoie et les ducs s'installent alors sur cette terre qui deviendra beaucoup plus tard l'Italie.

 

A la fin du XVIII siècle, alors que Victor Amédée VIII, installé dans sa capitale de Turin, s'allie avec d'autres rois contre la Révolution Française, des Savoyards émigrés à Paris entrent dans Chambéry avec le Général Montesquiou et les troupes révolutionnaires françaises pour y proclamer la République en 1792, sans tirer un seul coup de feu, ni verser une seule goutte de sang. La Savoie devient le 84e département français, sous le nom de Département du Mont-Blanc. La Savoie demeure française de 1792 à 1815, jusqu'à ce que le Traité de Vienne rende la Savoie à Victor Emmanuel 1er, roi de Sardaigne (région intégrée au royaume en 1718 en échange de la Sicile).

 

Puis, Victor-Emmanuel II, comme son père, rêve d’unifier l’Italie encore divisée en états soumis à des souverains étrangers. Par l’accord secret de Plombières, dans les Vosges, en 1858, l’empereur Napoléon III s’engage à aider le Piémont dans sa lutte contre l’Autriche, recevant en échange Nice et la Savoie. La guerre contre l’Autriche reprend en 1859. Après les victoires meurtrières des armées sardes et françaises, comme à Solférino, Napoléon III, soucieux de l’attitude de la Prusse et de l’opinion française, remet en cause l’annexion de la Savoie en signant l’armistice de Villafranca.

 

 En 1852, Napoléon III devient empereur des Français. Pour les Savoyards, le retour à la France devient une nécessité, d'autant que la politique menée par la Maison de Savoie en faveur de l'Unité Italienne ne les séduit guère. La Savoie devient française en 1860.

 

Dès lors, en Savoie, la propagande s’organise pour ou contre la réunion à la France. Contrairement à leurs opinions de 1848, les conservateurs (nobles, clergé et paysans) sont favorables à l’annexion alors que les libéraux préfèrent l’indépendance voire le rattachement à la Suisse. Par le traité de Turin du 24 mars 1860, la Savoie et Nice sont cédées à la France. Cette annexion fut ratifiée par le plébiscite des 22 et 23 avril 1860, par lequel les Savoyards furent appelés à se prononcer en faveur ou non de l’annexion. C’est à la Cour d’Appel de Chambéry que furent proclamés officiellement les résultats à la question posée : « La Savoie veut-elle être réunie à la France ? ». Seuls les hommes avaient voté et sur 135 449 inscrits, on dénombra 71 bulletins nuls, 235 « Non » et 130 533 « Oui » (141 893 en incluant les résultats des militaires inscrits sur des listes particulières).

 

Dès lors, l'histoire de la province se mêle intimement à celle de la France...

1860… Et la Savoie devint française !

 

Difficile alors d'imaginer que la Savoie fut un puissant état, dont le pouvoir s’étendit de part et d'autre de la chaîne alpine, du Moyen âge jusqu'au XIXe siècle !

 

En août et septembre 1860, les deux départements nouvellement créés – Savoie et Haute-Savoie – accueilleront triomphalement leurs nouveaux souverains, l’empereur Napoléon III et l’impératrice Eugénie, lors de fêtes prestigieuses dans toute la province et notamment à Chambéry et Annecy. Etrange destinée donc que celle de cette Savoie autrefois comté, duché, puis royaume, qui vit sa capitale déplacée de Chambéry à Turin et dont la dynastie, apparentée à toutes celles d'Europe, n'a pas hésité à abandonner son berceau à la France pour régner sur une péninsule italienne enfin réunie. Pour évoquer cette page d'histoire...

 

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