La légende des 14 chapeaux

Le courrier de Modane au Mont-Cenis allait arriver en vue de Bramans lorsque soudain il aperçoit, étendu au travers du chemin, un homme paraissant inanimé. Il s'agissait d'un de ses compatriotes, un riche maquignon de Bramans. Parvenu au village du Verney, il déposa le blessé à l'hôtel du " Lion d'Or " et fit prévenir sa famille qui accourut en toute hâte bientôt suivie des carabiniers. Un brigadier tenta de savoir qui avait attaqué ce riche maquignon. Dans un souffle, ce dernier laissa tomber ces mots : " Les Grands Chapeaux ". Ici, le riche maquignon faisait allusion à une bande organisée terrorisant Bramans et ses environs. Au nombre de 14, ils portaient invariablement un chapeau de feutre noir, espèce de sombrero aux larges bords apparus, qui leur cachait une partie du visage, d'où l'appellation " Les Grands Chapeaux ". Le maquignon mourut dans la soirée malgré tous les soins dont il fut entouré provocant le désarroi de la population et du Curé dont le sacristain avait été trouvé mort dans le clocher et auquel il avait donné un remplaçant provisoire qui s'était offert lui-même. Et tandis que le curé méditait et suppliait le Seigneur de mettre un terme à ce terrible fléau, voilà que l'on sonne à la porte. Un père capucin demandait à parler au curé, envoyé par ses supérieurs quêter en Maurienne et, surpris par la nuit, demandant l'hospitalité. Au cours du repas, la conversation tomba sur l'événement du jour : le meurtre du maquignon. Bien vite, le père capucin demanda au curé s'il ne craignait pas les attaques des brigands et fit le constat que le presbytère de Bramans était loin de toute habitation. Le curé faisait confiance en la providence ; d'après lui elle le garderait !

La conversation dérive, porte sur la région et plus particulièrement sur le splendide monolithe de Sardières, haut de 92 mètres. Le curé s'étonne alors, qu'en sa qualité de lettré, le père capucin ne sache pas que le monolithe est une pierre composé d'une seule pièce et est stupéfait de la prononciation usitée pour la désigner. L'angoisse le gagne alors. Elle s'intensifie quand il aperçoit le comportement agité de sa servante Jeanne, qui cherche à attirer son attention. En effet, elle s'est rendue compte en ramassant un couvert qui était tombé sous la table que le capucin ne portait pas des sandales ou des souliers mais, fait assez particulier, des bottes. Le curé se veut rassurant mais lui conseille de s'enfermer à double tours. Sous son air détendu, le curé est moins rassuré qu'il n'en paraît et s'empresse d'aller vérifier le signal d'alarme de la cure relié à la cloche du clocher, qu'il trouve, fait alarmant, sectionné. Il se rend dans sa chambre et se plonge dans la prière.

 

A minuit, alors que tout est calme, un personnage s'avance dans le corridor. Il ne porte pas la bure des capucins mais le fameux chapeau. Arrivé à la porte du curé, il l'ouvre, fait quelques pas dans l'alcôve et là enfonce de toutes ses forces un long poignard dans la poitrine... du mannequin que le curé avait mis à sa place. Au même moment deux mains vigoureuses s'abattent sur lui et lui serrent le cou comme dans un étau. Bien que son intention n'était pas de lui donner la mort, le curé, sous la tension nerveuse, lui brise les vertèbres. Soudain, surgit de la nuit, une voix se fait entendre sous la fenêtre. Il s'agit des acolytes du capucin demandant d'une voie pressante le cadavre du curé.

 

Sans hésitation, craignant encore pour sa vie, le curé roule dans un drap le corps inerte et le fait basculer par la fenêtre. Il entend alors s'éloigner leurs pas emportant le curé qui n'est autre que le capucin. Avec soulagement, le curé se jette sur son prie-Dieu et il passe le reste de la nuit. Fait étrange, jamais depuis cette nuit on ne revit le sacristain provisoire. En réalité c'était le faux capucin qui tenta de dévaliser le curé et enterré à sa place. C'était lui le chef des 14 chapeaux !

 

Le lendemain, les bandits furent stupéfaits en voyant le pasteur de la paroisse bien vivant. Ils en furent désemparés et effrayés. La disparition soudaine du sacristain fut un indice pour les carabiniers qui parvinrent peu à peu à capturer la bande entière.

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